IA

Métiers amenés à disparaitre d’ici 2035 (et ceux qui vont apparaître !)

Introduction

L’intelligence artificielle (IA) connaît un essor fulgurant et transforme déjà de nombreux secteurs d’activité. D’ici 2035, son impact sur l’emploi mondial devrait s’intensifier, soulevant à la fois des inquiétudes et de nouvelles opportunités. Des études estiment qu’une proportion significative des emplois actuels est automatisable, mais parallèlement l’IA et d’autres technologies créeront de nouveaux métiers. Par exemple, le Forum économique mondial (WEF) prévoit qu’à l’horizon 2030 les technologies d’IA entraîneront la création d’environ 170 millions de nouveaux emplois dans le monde, tout en rendant 92 millions d’emplois actuels obsolètes (WEF: AI Will Create and Displace Millions of Jobs | Sustainability Magazine). Cette transformation du marché du travail s’annonce comme l’une des plus importantes depuis la révolution industrielle (WEF: AI Will Create and Displace Millions of Jobs | Sustainability Magazine).

Plusieurs tendances technologiques alimentent cette mutation. L’IA générative en est un moteur récent : depuis l’apparition de modèles comme ChatGPT fin 2022, les investissements dans l’IA générative ont été multipliés par huit (WEF: AI Will Create and Displace Millions of Jobs | Sustainability Magazine). De même, les progrès en robotique, en véhicules autonomes et en analyse de données (big data) améliorent sans cesse les capacités d’automatisation. Dans ce contexte, il est crucial d’identifier quels métiers sont les plus menacés par l’automatisation et quels nouveaux métiers connaîtront une forte expansion, afin d’anticiper les compétences à développer pour s’adapter à l’horizon 2035.

Les professions les plus menacées par l’automatisation de l’IA

Les emplois les plus vulnérables face à l’IA sont généralement ceux qui comportent des tâches répétitives, routinières ou prévisibles, qu’elles soient manuelles ou intellectuelles. L’automatisation permet déjà à des algorithmes ou des robots d’exécuter ces tâches plus rapidement, sans fatigue et à moindre coût. Plusieurs secteurs et métiers sont identifiés comme particulièrement à risque de disparition ou de réduction significative d’ici 2035 :

En résumé, de nombreux emplois « traditionnels » ou à faible qualification risquent de perdre du terrain face à l’automatisation. On retrouve parmi les métiers en déclin continu des postes comme caissier, assistant administratif, agent de saisie de données, ou employé de poste, tendances désormais aggravées par l’essor de l’IA ( L’avenir de l’emploi d’ici 2030, selon le Forum économique mondial – Forbes France). Le tableau ci-dessous synthétise quelques secteurs particulièrement menacés et les métiers typiques associés :

Ce tableau n’est pas exhaustif, mais illustre les secteurs où l’automatisation et l’IA risquent de supprimer le plus d’emplois d’ici 2035. Ces métiers devront se réinventer ou évoluer vers des fonctions non automatisables. Notons que l’IA générative élargit récemment le champ des emplois menacés au-delà des seules tâches répétitives : même des métiers créatifs comme les graphistes ou les designers commencent à être concurrencés par des IA capables de générer des visuels et des designs automatiquement ( L’avenir de l’emploi d’ici 2030, selon le Forum économique mondial – Forbes France). De manière générale, l’automatisation complète d’un métier reste rare – moins de 5 % des professions peuvent être entièrement automatisées selon McKinsey (Jobs of the future: Jobs lost, jobs gained | McKinsey) – mais presque tous les emplois comportant une part de tâches routinières subiront des transformations importantes.

Les métiers en forte expansion grâce à l’IA et aux technologies émergentes

En parallèle de ces menaces, l’IA et les nouvelles technologies vont créer de nouveaux emplois et dynamiser certains métiers existants. L’histoire montre que chaque révolution technologique s’accompagne de l’émergence de nouveaux rôles professionnels – il en va de même avec l’IA. D’ici 2035, on s’attend à une forte croissance des métiers liés au développement, à la maintenance et à l’utilisation de ces technologies, ainsi qu’à d’autres secteurs porteurs comme la transition écologique ou les soins à la personne. Selon le Forum économique mondial, les postes liés aux technologies de l’information et du numérique dominent déjà la liste des emplois à plus forte croissance d’ici la fin de la décennie (Future of Jobs Report 2025: These are the fastest growing and declining jobs | World Economic Forum). Voici quelques domaines appelés à recruter fortement sous l’effet de l’IA et du progrès technologique :

On constate que les métiers en expansion se concentrent souvent sur des compétences technologiques pointues ou impliquent une créativité et une expertise non remplaçables par des machines. Le tableau suivant résume quelques domaines émergents et exemples de professions associées en forte croissance :

Là encore, cette liste n’est pas exhaustive. Une partie des métiers de 2035 n’existent même pas encore aujourd’hui – on estime que 8 à 9 % des emplois de 2030 seront dans des professions totalement nouvelles apparues avec les technologies (Jobs of the future: Jobs lost, jobs gained | McKinsey). L’innovation crée en continu de nouveaux besoins, qu’il s’agisse de développer des algorithmes d’IA éthiques, de superviser la coexistence homme-machine, ou d’inventer des rôles autour d’industries émergentes. Le défi sera de former à temps la main-d’œuvre pour pourvoir ces postes.

Par ailleurs, toutes les régions du monde ne connaîtront pas ces évolutions au même rythme. Les pays avancés et à revenu intermédiaire adoptent plus rapidement l’IA et l’automatisation, tandis que dans les pays à faible revenu, l’adoption est plus lente faute d’infrastructures (WEF: AI Will Create and Displace Millions of Jobs | Sustainability Magazine). De plus, des dynamiques démographiques contrastées font que certains emplois « classiques » continueront de croître localement (par exemple les ouvriers du bâtiment dans les économies en développement en forte urbanisation, ou les employés agricoles dans certaines régions) ( L’avenir de l’emploi d’ici 2030, selon le Forum économique mondial – Forbes France). Néanmoins, la tendance globale reste une montée en puissance des métiers hautement qualifiés liés aux nouvelles technologies, et des métiers de service à la personne difficilement automatisables.

Tendances globales et projections du marché du travail d’ici 2035

De nombreux organismes ont tenté d’estimer en chiffres l’impact de l’IA et de l’automatisation sur l’emploi à moyen et long terme. Bien que les méthodologies diffèrent – ce qui explique des écarts parfois importants entre les projections – tous s’accordent sur l’ampleur du bouleversement à venir. Voici quelques prévisions marquantes à l’échelle mondiale, à horizon 2030-2035 :

Malgré la variété de ces chiffres, la tendance générale est claire : nous allons vers un marché du travail profondément restructuré par les technologies d’ici 2035. Des millions d’emplois traditionnels seront automatisés, tandis que de millions de nouveaux emplois surgiront. Le solde net global pourrait être positif si la transition est bien gérée (le WEF et d’autres anticipent plus de créations que de destructions), mais de nombreux travailleurs individuels seront confrontés à des transitions professionnelles difficiles. Le principal enjeu est donc d’accompagner cette transition pour minimiser les conséquences sociales négatives.

Impact sur les compétences et adaptation du marché du travail

Face à ces mutations annoncées, une constante revient dans tous les rapports : l’adaptation des compétences sera la clé pour que travailleurs et entreprises tirent parti de l’IA au lieu de la subir. Les métiers évoluent et, plutôt que de craindre une disparition totale de l’emploi, il faut anticiper une transformation des compétences requises dans presque chaque profession. En moyenne, près de 40 % des compétences jugées essentielles aujourd’hui ne le seront plus d’ici 5 ans environ (WEF: AI Will Create and Displace Millions of Jobs | Sustainability Magazine). Autrement dit, d’ici 2030, la quasi-moitié des savoir-faire et savoir-être devra être renouvelée ou actualisée. Cette obsolescence rapide s’explique par l’introduction de nouveaux outils technologiques au quotidien : par exemple, un comptable ou un médecin de 2035 utilisera des systèmes d’IA que sa formation initiale en 2020 n’incluait pas.

Conséquence directe, les employeurs et les travailleurs vont devoir adopter une logique d’apprentissage continu. Déjà, 85 % des entreprises interrogées par le WEF prévoient de former ou requalifier activement leurs employés pour s’adapter aux transformations à venir (WEF: AI Will Create and Displace Millions of Jobs | Sustainability Magazine). La plupart des grands groupes mettent en place des programmes d’upskilling (montée en compétence) et de reskilling (reconversion) pour préparer leurs salariés aux métiers de demain. Près de la moitié des employeurs envisagent même de redéployer des employés dont le poste est menacé par l’IA vers d’autres fonctions en tension au sein de l’entreprise, plutôt que de s’en séparer ( L’avenir de l’emploi d’ici 2030, selon le Forum économique mondial – Forbes France). Du point de vue individuel, cela signifie que chacun doit s’attendre à changer plusieurs fois de métier au cours de sa carrière, ou en tout cas à faire évoluer substantiellement ses attributions. McKinsey estime par exemple que jusqu’à 375 millions de travailleurs devront changer de catégorie d’emploi d’ici 2030 et acquérir de nouvelles compétences pour occuper de nouveaux rôles (Jobs of the future: Jobs lost, jobs gained | McKinsey). L’agilité professionnelle et la formation tout au long de la vie deviennent donc primordiales.

Les compétences les plus prisées sur le marché du travail vont refléter ce nouvel équilibre entre technologie et complémentarité humaine. D’un côté, les compétences techniques seront de plus en plus demandées : expertise en intelligence artificielle, en analyse de données, en développement informatique, maîtrise des outils numériques, etc. ( L’avenir de l’emploi d’ici 2030, selon le Forum économique mondial – Forbes France). La compréhension des technologies (IA, robotique, cloud…) fera partie du bagage de base dans de nombreux métiers, y compris ceux qui ne sont pas directement dans le secteur IT. De l’autre côté, les compétences humaines (« soft skills ») prendront une valeur accrue, car ce sont celles que les machines ne peuvent pas imiter facilement. La créativité, la résolution de problèmes complexes, la pensée critique, l’adaptabilité, la communication ou encore la gestion de l’émotionnel resteront le propre de l’humain et seront donc déterminantes ( L’avenir de l’emploi d’ici 2030, selon le Forum économique mondial – Forbes France). Par exemple, un urbaniste ou un manager de 2035 utilisera sans doute des IA pour l’assister dans ses analyses, mais ce sont ses capacités de conception, de jugement et de négociation avec les parties prenantes qui feront la différence – des aptitudes qu’aucune machine ne saurait remplacer pleinement.

En résumé, pour s’adapter au marché du travail de l’ère de l’IA, il faut développer un profil hybride combinant des compétences techniques pointues et des qualités humaines fortes. Voici quelques axes de compétences qui devraient favoriser l’employabilité à l’avenir :

Heureusement, les systèmes éducatifs et de formation commencent à intégrer ces priorités. De nombreuses initiatives publiques et privées se mettent en place pour développer les compétences numériques de la population active, former aux nouveaux métiers et faciliter les reconversions professionnelles. L’OCDE recommande d’ailleurs de multiplier les efforts de formation continue pour que les travailleurs s’adaptent efficacement aux nouveaux besoins (OECD predicts that automation will eliminate 14 percent of jobs | Observatory – Institute for the Future of Education). Certains pays investissent massivement dans les programmes de reconversion pour les secteurs en déclin (par ex. former des ouvriers du charbon aux métiers des énergies renouvelables). Les individus, de leur côté, sont de plus en plus conscients que la carrière linéaire dans un seul métier est probablement révolue, et qu’il faudra évoluer en permanence.

Conclusion

D’ici 2035, l’intelligence artificielle agira comme un puissant catalyseur de transformation du marché du travail mondial. De nombreux métiers vont disparaître ou se voir profondément transformés, en particulier ceux fondés sur des tâches automatisables. Dans le même temps, de nouveaux métiers vont émerger et d’autres vont évoluer en tirant parti de l’IA, ce qui pourrait conduire à un monde du travail plus productif et offrant de nouvelles opportunités. Le solde final en termes d’emplois dépendra largement de notre capacité collective à anticiper et accompagner le changement.

Plutôt que de craindre une vague de chômage technologique, il convient d’investir dans le capital humain pour que chacun trouve sa place dans l’économie de demain. Les pouvoirs publics, les entreprises et les individus ont un rôle à jouer : soutien à la formation et à la reconversion, adaptation des systèmes éducatifs, diffusion équitable des bénéfices de l’IA. Comme le résume Cédric Villani, mathématicien impliqué dans les politiques sur l’IA, « l’IA ne va pas détruire tous les emplois, mais elle va en transformer profondément la nature. Il faudra s’adapter en développant des compétences difficilement automatisables » (L’IA va-t-elle remplacer votre emploi ? Les secteurs à risque – Blog Comptabilité Gestion d’entreprise Paie – IG Conseils). En définitive, l’IA est un levier d’évolution du travail : bien maîtrisée, elle peut libérer l’humain des tâches pénibles et ennuyeuses, et catalyser la création de métiers plus enrichissants. Le défi est de préparer dès aujourd’hui la main-d’œuvre aux emplois de 2035, pour que cette transition se fasse de manière inclusive et bénéfique pour le plus grand nombre.


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